Daniel Marchildon

Daniel Marchildon

Qui suis-je ?

Je suis né au tout début des années soixante, très tard un soir de novembre où ma mère faisait du ménage. (Il faut croire qu’elle en avait assez de laver les planchers et qu’elle a pensé qu’accoucher serait moins fatigant.)

J’ai grandi là où je suis né, à Penetanguishene, à environ 160 km au nord de Toronto. Quand j’ai eu 16 ans, je n’avais qu’une idée en tête : partir. Sept ans plus tard, après avoir obtenu un bac à l’Université d’Ottawa, je n’avais qu’une idée en tête : y retourner.

J’habite donc dans ma région natale, baptisée la Huronie par les Français au début des années 1600. Je ne peux pas affirmer que la Huronie se porte mieux parce que je suis revenu, mais au moins personne ne m’a jamais dit le contraire. Une dizaine de livres et des milliers de pages noircies plus tard, je me sens toujours comme un amateur à chaque fois que je me retrouve devant la page blanche. On penserait que ça deviendrait plus facile avec le temps…

Mais je me considère chanceux, d’abord de vivre dans un bel endroit, avec de profondes racines francophones (bien qu’un peu noyées par des pluies anglaises), et ensuite de pouvoir pratiquer un métier que j’aime (même si à l’occasion je suis obligé de faire du « vrai travail » pour payer les factures).

Publication au sein de la collection 14/18

La première guerre de Toronto, 2010 – Prix du livre d’enfant Trillium 2010

Rencontre avec Daniel Marchildon

6 questions à Daniel Marchildon

1. Comment les premières lignes de ton dernier roman,  Otages de la nature, te sont-elles venues à l’esprit ?

Je pensais à la façon dont je voulais créer une tension dès les premières lignes de l’histoire et à la manière de mettre en scène les deux personnages,  Alex et Fleur,  qui angoissent.  Alors, au moment juste avant que Fleur monte sur la scène pour son concert important s’est imposé. On pourrait croire que l’artiste, à ce moment-là, allait peut-être se casser la gueule ou non. Peu importe si c’est le triomphe ou l’échec monumental, on a envie de voir comment ça va finir.

2. As-tu des souvenirs d’écriture mémorables ?  

J’étais en train d’écrire une scène de naufrage épouvantable, qui se passe en pleine tempête dans la Georgienne en novembre 1913,  quand j’étais assis à la plage dans l’eau par une chaude journée d’été dans cette même baie. Sentir l’eau m’a animé d’un courant électrique. Et, même si c’est l’une des scènes les plus dramatiques de mon roman L’eau de vie (Uisge beatha) c’est peut-être celle que j’ai pu écrire le plus facilement.

J’écris mes romans d’abord à la main.  Comme ça je peux être dehors (en été au moins) et n’importe où, même percher dans un arbre.

3. Quelle est ta source d’inspiration inépuisable ?

En fait, il y a en deux : l’histoire et la bêtise humaine.  Notre histoire, qu’elle soit récente, ou très vieille, contient plein d’anecdotes aussi fascinantes que palpitantes.  Les gens peuvent parfois être bien bêtes. Observer cette caractéristique de l’être humain me donne des idées pour des personnages, surtout des méchants ou encore des personnages drôles.

4. As-tu un rituel d’écriture ?

Juste me lever (parfois assez pénible en soi) et m’asseoir en m’interdisant de faire autre chose tant que je n’aurai pas noirci le papier, même si j’ai l’impression que ce n’est pas bon. D’habitude ça finit miraculeusement par s’améliorer.

5.Quelle est la première personne qui lit ton manuscrit ?

Ma conjointe, Micheline Marchand, qui est aussi auteure (pauvre elle). Je retarde ce moment aussi longtemps que je le peux.  Elle est toujours bonne pour faire des commentaires avec du doigté.  La preuve : 15 romans plus tard, nous sommes toujours ensemble.

6.Qu’est-ce que tes romans révèlent de toi ?

Que j’ai parfois du talent et de bonnes idées (j’espère!).


Un conseil pour un jeune qui souhaite devenir écrivain ?

Écrire d’abord et avant tout pour se faire plaisir. Si la publication vient après, c’est un boni.

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